LA PRESSE EN PARLE

La sophrologie tend à se démocratiser. Cette thérapie psychocorporelle entre dans différents univers : sport, entreprise, milieu hospitalier, … Ils en parlent

 

ACCRO A LA SOPHRO

Pour combattre le stress, notre reporter avait essayé la natation et la marche afghane, en vain. Il a décidé de se mettre à la sophrologie. Objectif : devenir aussi cool que Yannick Noah.

LE MONDE SPORT ET FORME  |  Par Stéphane Mandard

Source : http://www.lemonde.fr/sport/article/2013/02/21/accro-a-la-sophro_1836559_3242.html

Les collègues de bureau qui ne sont pas dans la confidence n'ont jamais osé me poser la question. Ils doivent pourtant se demander pourquoi je m'isole une fois par semaine dans une petite salle de réunion avec une jeune femme blonde quand la plupart d'entre eux partent ou reviennent de leur pause déjeuner.

Ils doivent aussi se demander pourquoi nous restons dans l'obscurité ? Pourquoi s'échappe de la salle une petite musique planante ? Pourquoi je reste assis sur une chaise, les yeux fermés, sans rien dire ? Pourquoi je pousse de temps en temps de grands soupirs ?

Beaucoup de questions mais une seule réponse, en rien inavouable : je me suis mis à la "sophro", comprendre la sophrologie.

Les collègues de bureau qui ne sont pas dans la confidence n'ont jamais osé me poser la question. Ils doivent pourtant se demander pourquoi je m'isole une fois par semaine dans une petite salle de réunion avec une jeune femme blonde quand la plupart d'entre eux partent ou reviennent de leur pause déjeuner. Ils doivent aussi se demander pourquoi nous restons dans l'obscurité ? Pourquoi s'échappe de la salle une petite musique planante ? Pourquoi je reste assis sur une chaise, les yeux fermés, sans rien dire ? Pourquoi je pousse de temps en temps de grands soupirs ? Beaucoup de questions mais une seule réponse, en rien inavouable : je me suis mis à la "sophro", comprendre la sophrologie.

La première fois que j'ai entendu le mot "sophrologie", c'était dans la bouche d'une sage-femme, lors d'un cours de préparation à un accouchement "en douceur". Vu les cris de ma compagne, malgré la péridurale, lors de la naissance de notre fille, je restai un peu dubitatif sur ses effets apaisants. La deuxième personne qui m'a parlé de sophro, quelques années plus tard, c'est Yannick Noah : "La sophro a changé ma vie." Venant de la personne certainement la plus zen que je connaisse, la confidence méritait que je reconsidère sérieusement la question. Après avoir essayé en vain la piscine ("Sport & forme " du 24 septembre 2011) entre midi et deux puis la marche afghane ("Sport & forme" du 31 mars 2012) entre le métro et le journal, je tenais peut-être enfin la solution à mes problèmes de stress.

 

Encore fallait-il que je trouve un bon sophrologue. Comme le supplément "Sport & forme" est décidément plein de ressources, Jean-Philippe Acensi, le patron de l'Agence pour l'éducation par le sport (notre partenaire de la page de gauche), lui-même un accro à la sophro, m'oriente vers l'une des meilleures spécialistes : Sylvia Schmitt Dimicoli, diplômée d'un master en sophrologie caycédienne (la vraie) auprès de la fille de son fondateur, Alfonso Caycedo, qui n'est pas un chanteur brésilien mais un neuropsychiatre colombien.

 

"J'ACCUEILLE LES SENSATIONS DE BIEN-ÊTRE"

Et c'est comme ça que depuis la rentrée je m'enferme chaque jeudi, après le bouclage du cahier "Sport & forme ", avec une jeune femme blonde, pour un voyage intérieur d'une vingtaine de minutes. "Je prends conscience de la forme de tout mon corps en train de se relâcher, de se détendre. Avec ma respiration calme et tranquille, j'accueille les sensations de bien-être." Assis sur ma chaise, yeux fermés, mains sur les genoux, je me laisse guider par la voix claire de Sylvia, qui possède un autre point commun avec Yannick Noah : la chanson. "Je me concentre sur mon visage, détendu, sur mon cou, mes épaules. Mes bras, mes mains, jusqu'au bout des doigts, se relâchent." Et, effectivement, je sens la peau de mon visage se détendre. Pour quelqu'un qui a du mal à "lâcher prise", je suis surpris de cette entrée en matière plutôt réussie. "J'accueille toutes les sensations de bien-être et je me concentre sur l'énergie, cette force à me concentrer à l'intérieur de mon corps. Je dépose tout ce qui m'ennuie à l'extérieur." J'ai l'impression de m'affaisser sur ma chaise, je bâille, j'ai envie de dormir. Mais attention, la sophrologie n'est pas l'hypnose. "Je vais, comme j'ai l'habitude de le faire maintenant, libérer le négatif, libérer les tensions, tout ce qui me dérange dans ma vie. Je vais souffler pour vider mes poumons. Inspiration, rétention de l'air. Tension de tout le corps. Lecture du négatif derrière mes yeux et simplement, lorsque je ne peux plus, je relâche et j'envoie le négatif très loin."

 

Je contracte tout ce que je peux, mes cuisses, mes pectoraux, je serre mes poings, mes paupières et retiens mon souffle, longtemps, très longtemps. Je pourrais battre le record du monde d'apnée sur une chaise de bureau. Puis je souffle, comme si je devais éteindre un gâteau avec 200 bougies. Je répète ce "sophro-déplacement du négatif" deux fois en portant mes mains sur mon front puis mon ventre.

 

"Je relâche tous les muscles. Je suis juste à l'écoute de mon silence intérieur." C'est à ce moment-là que Sylvia actionne sa petite musique planante. "Avec toute mon énergie, je me concentre sur ici et maintenant." C'est à ce moment-là que mon portable se met à vibrer sur la table. "Si des bruits extérieurs ou des pensées viennent à polluer mon mental, je souffle et je les laisse passer comme un nuage dans le ciel." Ce n'est déjà pas facile pour moi de débrancher mon portable, alors mon cerveau... J'essaie de repousser comme je peux les idées d'articles à finir, de personnes à rappeler, de réunion qui commence dans une demi-heure qui reviennent au galop.

 

"SENSATIONS DE CHALEUR, DE BIEN-ÊTRE, DE LUMIÈRE"

" J'inspire et, à l'expire, je diffuse cette énergie au niveau de mon cerveau. J'inspire et j'envoie cette énergie au niveau de mes cordes vocales, de mon cou, de mes épaules, de mes bras, de mon coeur, de mes poumons... Avec ma respiration calme et tranquille, j'envoie cette énergie réparatrice afin d'harmoniser mes organes et de permettre à mes cellules de fonctionner en toute quiétude, libérées des tensions. J'essaie de percevoir les sensations de chaleur, de bien-être, de lumière." Pas de chaleur ni de lumière, mais l'impression que mon corps bat comme les ailes d'un oiseau au rythme de mon coeur.

 

"Je laisse venir les images, heureux enfin d'avoir pu me libérer. J'accueille tous les phénomènes qui émergent de cette relation entre mon corps et mon esprit dans la confiance de pouvoir améliorer mon quotidien." Sur l'écran de mes yeux fermés défilent les séquences d'un film étrange : des formes psychédéliques se succèdent, je progresse dans une espèce de grotte à la vitesse de la musique puis des plantes, des feuilles poussent un peu partout. Le vert domine. Le bout du tunnel ? " Tranquillement, je vais essayer d'évoquer mes capacités, la force intérieure, comme si mon médecin intérieur se réveillait et se mettait en action. Et surtout sans oublier d'exprimer à mon corps et à mon esprit que je sais d'où viennent ces petits problèmes et qu'ils n'ont plus besoin de se manifester car j'ai compris ce que je devais faire." Mes petits problèmes - de stress - se manifestent depuis quelques mois par un sommeil que perturbe un cerveau en ébullition.

"Puis je ferai deux trois respirations profondes pour revenir ici et maintenant. Je prends tout mon temps. Et, comme j'ai l'habitude de le faire, je peux tout doucement commencer à bouger les pieds, bâiller, m'étirer. Je peux également, si je fais cette séance en soirée, décider de m'endormir. Et, seulement lorsque je serai prêt, je pourrai ouvrir les yeux."

 

J'aurais bien opté pour la deuxième solution - que je mets parfois en pratique lorsque je m'exerce dans mon lit avec l'enregistrement de la séance -, mais je ne dors pas - encore - sur mon lieu de travail. Et, surtout, la séance n'est pas tout à fait terminée. Place à la "phénodescription" : après chaque voyage intérieur, Sylvia consigne mes "vivances". Et, si j'en crois ma sophrologue, je suis plutôt vivant en termes de vivances : "Dès les débuts, tu as accueilli beaucoup d'images, ce qui n'est pas le cas de tout le monde." Ce qui fait dire à Sylvia : "La sophrologie, c'est pour toi." OK, mais, pour le sommeil, ce n'est pas encore la grande harmonie. " La sophrologie, c'est un art de vivre. Noah, avant de réussir ses revers, il s'est entraîné. Eh bien pour la sophrologie, c'est pareil. " Au filet, je n'ai jamais nourri l'espoir de rivaliser avec l'ancien vainqueur de Roland-Garros. En sophro, si je redouble d'efforts, j'ai encore une petite chance d'approcher son niveau de zénitude.

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LA SOPHRO FAIT DU BON BOULOT

Réduire le stress, améliorer ses performances ainsi que les relations avec ses collègues et son boss, c’est possible en quelques minutes ! Soufflez, respirez, visualisez… Et retrouvez énergie, motivation et sérénité

Sohy Bien-être - La Sophro fait du bon boulot
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LA SOPHROLOGIE AIDE A REDUIRE LA PRISE D'ANXIOLYTIQUES ET D'ANTIDEPRESSEURS

20 % des Français ont déjà pris une benzodiazépine. La sophrologie caycédienne peut les aider à se sevrer, ou du moins à diminuer leur consommation. Explications.

SANTE MAGAZINE  |  Par Natalia Caycedo, médecin psychiatre, vice-présidente de Sofracay International

Source : https://www.santemagazine.fr/medecines-alternatives/relaxation/la-sophrologie-aide-a-reduire-la-prise-danxiolytiques-et-dantidepresseurs-173756

20 % des Français ont déjà pris une benzodiazépine. La sophrologie caycédienne peut les aider à se sevrer, ou du moins à diminuer leur consommation.

Explications.

Toute personne sous anxiolytiques ou antidépresseurs peut être inquiète de voir son traitement arriver à sa fin, ou encore souhaiter éviter toute surmédication. Il existe la crainte de présenter une rechute et devoir continuer à prendre ce médicament pendant longtemps. C’est là où la sophrologie caycédienne a un rôle très important.

Avec la supervision du médecin traitant, le sophrologue caycédien enseigne au patient une méthodologie pour qu’il apprenne lui-même à utiliser ses propres ressources et prenne une part active et responsable dans le traitement de son anxiété et de son état d’humeur

L'anxiété et le stress chronique se manifestent au niveau corporel de différentes manières (transpiration, augmentation de la fréquence cardiaque, respiratoire, tension musculaire). Pour ce motif, nous proposons une série de techniques sophrologiques qui agissent principalement sur le corps. En le connaissant mieux et en le sachant éliminer les tensions (somatisations), nous réduirons énormément les niveaux d'anxiété. C’est ainsi que nous commençons généralement avec des exercices respiratoires et d'autres techniques basées sur la conscience du corps.

Progressivement, nous continuons à pratiquer d’autres techniques, qui agissent davantage sur l'esprit, en aidant à diriger l'attention et les pensées où nous voulons, et non là où les préoccupations et parfois les obsessions nous conduisent. Avec la pratique nous apprenons à être sujets de nos pensées et non objet de celles-ci.

Nous travaillons aussi avec des techniques sophrologiques qui renforcent les émotions positives. Nous apprenons à trouver des sensations, émotions et sentiments en nous, qui étaient « stockés » dans notre passé, qui se trouvent au moment présent et qui se projettent vers un avenir plein de sens et d’espoir

Apprendre à avoir recours à nos propres ressources nous donne beaucoup de paix, de sécurité et un sentiment de liberté qui aide à réduire progressivement le médicament ou à le suspendre dans les cas indiqués.

Testé par une de mes étudiantes sur des patients d'un Centre d’assistance primaire en Catalogne, il s’est avéré qu’après huit semaines de sophrologie, les patients avaient baissé leur consommation de médicaments de 30 %. De plus, ils étaient fiers de s’en être sortis par eux-mêmes.

La prochaine fois, nous aborderons les bénéfices corporels de la sophrologie caycédienne. En attendant, n’oubliez pas de pratiquer tous les jours.

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SURMONTER UNE OPERATION AVEC LA SOPHROLOGIE CAYCEDIENNE

Caroline a 39 ans. Elle doit être opérée d’un cancer du sein. Patrick-André Chéné, son gynécologue accoucheur, est aussi directeur de l’Académie de sophrologie caycédienne de Paris. Il lui propose de l’aider à traverser son épreuve grâce à cette méthode.

La méthode

« L’idée la plus importante de la sophrologie caycédienne est d’activer la conscience dans le corps », explique Patrick-André Chéné, gynécologue et sophrologue, auteur de livres professionnels sur cette méthode et d’un ouvrage plus grand public, Initiation à la sophrologie (Ellébore Ed. 2003). « Je connaissais Caroline depuis longtemps, car je l’avais accouchée de ses deux enfants qui, au moment du diagnostic de son cancer, avaient 14 et 17 ans. Comme il fallait recourir à la chirurgie pour ôter la tumeur, je lui ai préparé un protocole de séances préopératoires et postopératoires. Nous avons donc commencé la première session avec la prise de conscience du corps. »

Debout, en suivant les indications du thérapeute, Caroline se concentre successivement sur différentes parties de son corps, tend un muscle, le relâche, effectue quelques mouvements, essaie de ressentir les tensions, leur localisation précise… Il s’agit d’une « relaxation active », mise au point et codifiée par Alfonso Caycedo. « Cette technique permet à la personne de ressentir son corps, sa forme, sa structure. Elle vit son corps. C’est ce qu’Alfonso Caycedo appelle la “vivance”. Cette première étape est fondamentale car, en étant attentif aux informations perçues dans les différentes parties du corps, on peut décrire les phénomènes avec précision, sans interprétation ni jugement. C’est l’approche phénoménologique une autre grande particularité de la sophrologie caycédienne. »

La deuxième partie de la séance consiste à évacuer le négatif. « Cette séquence d’une dizaine de minutes est basée sur la respiration. Il s’agit de prendre conscience des zones de tensions et de projeter ces sensations négatives à l’extérieur. Ensuite, nous passons à la troisième séquence, pendant laquelle nous installons du positif et de l’énergie vitale. » En prenant sa respiration, Caroline doit alors imaginer qu’elle inspire l’énergie qui l’entoure pour l’envoyer dans chaque cellule de la zone du corps sur laquelle elle se concentre. Le thérapeute l’invite aussi, toujours au rythme d’une respiration lente et profonde, à penser à une sensation ou une émotion agréable, un souvenir heureux ou un projet enthousiasmant.

La séance terminée, Caroline est rentrée chez elle avec un enregistrement audio de cette session. L’entraînement quotidien est important, car il permet d’intégrer le travail, et d’acquérir les outils pour pratiquer la sophrologie dans toutes les circonstances. « Au cours de la deuxième séance, nous avons fait des projections de guérison, poursuit Patrick-André Chéné. Toujours en suivant la même technique, la personne doit projeter des sensations corporelles, des perceptions et des émotions positives en relation avec son état de guérison. Le thérapeute la guide, mais cette manière de procéder apporte une véri table confi ance en soi, parce qu’elle incite à trouver en soi-même les stratégies pour guérir. »

Avec Caroline, le sophrologue a ainsi fait quatre séances de vingt minutes avant l’intervention, une séance préparatoire pour l’intervention elle-même, et une séance postopératoire. « Nous avons travaillé sur le processus de cicatrisation et, puisqu’on lui avait enlevé un sein, sur son nouveau schéma corporel, ajoute Patrick-André Chéné. Nous avons enfin consacré quelques séances à ce que nous appelons le “redéploiement existentiel” : la vie quotidienne avec le cancer, et le renforcement des valeurs qui donnent des raisons de vivre et d’exister. »

Son fondateur : Alfonso Caycedo

Né en 1932 en Colombie, Alfonso Caycedo fait ses études de médecine et de chirurgie en Espagne, avant de se spécialiser en neurologie et en psychiatrie, puis de se tourner vers l’hypnose. En 1959, il fonde la Société espagnole d’hypnose clinique et expérimentale, mais rapidement cherche d’autres moyens de « mettre le moi en veilleuse ».

En 1960, il crée le terme sophrologie (du grec sôs, « harmonie », phren, « esprit », et logos, « étude »), et fonde le premier département de sophrologie clinique en hôpital, à Madrid. À partir de 1965, il se rend en Inde, dans l’Himalaya et au Japon, où il s’initie au yoga, aux états modifiés de conscience, à la méditation, qui lui permettront de développer sa méthode et son approche. Le premier congrès mondial de sophrologie a lieu à Barcelone en 1970.

Cette discipline connaît ensuite un bel essor dans le monde entier. Créée en 1989, la Fondation Alfonso-Caycedo est garante de la méthode et de l’éthique de toutes les écoles de formation.

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